Photos et récit d'un voyage en Inde en mars et avril 2017.
Udaipur 2
Udaipur me met de bonne humeur. J'attends le départ du bateau qui va faire le tour du lac Pichola. Il fait beau et la température est agréable. Des touristes espagnoles bavardent. Je pense à Isha, une jeune Indienne d'Indore qui a choisi de venir faire des études supérieures en France et qui m'a écrit via Skype qu'elle doutait maintenant de la pertinence de son choix. La vie est faite de hasard et de libre-arbitre, Isha. On a la vie de ses risques. C'est pas moi qui le dit mais une Iranienne dont j'ai lu le livre récemment (Négar Djavadi, Désorientale). Je contemple le lac, le palais blanc posé sur l'eau comme un mystère. J'entends sonner une cloche dans un temple à proximité. C'est très reposant. Je me sens à mille lieues de mon quotidien parisien. Un type à côté de moi prend un photo avec un appareil compliqué. Il vise avec soin et s’arque-boute comme s'il manipulait une arme. Il est juste dommage que le bateau ne parte pas plus tôt, à l'aube, quand le soleil est encore bas sur l'horizon.
Île Jag Niwas, façade est, depuis l'embarcadère d'où partent les bateaux qui font le tour du lac Pichola.
Façade Sud du Shiv Niwas Palace.
Façade Ouest du City Palace depuis le lac.
Embarcadère du City Palace.
Embarcadère Lal Ghat vu du lac.
Chand Pole Puliya (Petit pont Chand Pole).
Baigneurs sur les Ambrai Ghats.
Île Jag Niwas, façade Nord, depuis le bateau qui fait le tour du lac Pichola.
Le principal obstacle du photographe, c'est le nez.
Approche de l'île de Jag Mandir.
Sur l'île se trouve un palais appelé le "Palais du jardin du lac". Sa construction commencée en 1551 est attribuée à trois Maharanas de la dynastie rajput Sisodia du royaume du Mewar. On trouve actuellement dans ce palais un spa de luxe et un restaurant.
L'ensemble du City Palace vu de l'île de Jag Mandir.
Aperçus du palais.
Ce bon vieux Ganesh. Fils de Shiva et Pârvatî, Gaṇesh est le dieu qui supprime les obstacles ! Cool. Il est aussi le dieu de la sagesse, de l’intelligence, de l’éducation et de la prudence, le patron des écoles et des travailleurs du savoir. "Pas maaal", comme dirait l'actrice Thuy An Luu dans le film Diva de Beneix. L'éléphant est un animal aimé à Udaipur et il est souvent représenté sur les façades des maisons.
Quelques uns des habitants permanents de l'île.
Abstraction pariétale.
Fleurs de técoma, famille des bignoniaceae.
J'ai changé d'hôtel et je suis maintenant à l'hôtel Tiger, au fond d'une impasse à côté du Gangaur Ghat. C'est pas encore le Shiv Niwas Palace mais il est plus silencieux que l'Aashiya et le petit déjeuner sur la terrasse rooftof à 7 h du matin face au somptueux panorama de la ville et de son lac est un délice. Un jeune Indien est présent. Nous échangeons quelques mots avant qu'il s'installe à une table pour être longtemps absorbé par son ordinateur. Sur les ghats de Cheerwa qui me font face, je peux voir et entendre des femmes battre le linge. Je distingue nettement leurs gestes. Le mouvement du battoir qu'elles abattent régulièrement comme un forgeron battant le fer. Le son me parvient avec un léger décalage. Plus tard, en descendant vers la Clock Tower, j'ai croisé un sadhou adepte de Laxmi, déesse de la beauté, de la fortune et de la prospérité. Il m'a promis la richesse bien que lui-même n'ait pas l'air bien riche. Mais les sadhous ne sont-ils pas au delà du matériel.
Marché dans Bara Bazar Road et Mochiwada Road. Presseurs de canne. Ils vendent 10 roupies (15 cts d'euro) un gobelet plein d'un excellent jus suave et sucré. Attention aux doigts.
Ghantaghar, la Clock Tower qui marche l'entrée dans le quartier du bazar.
Île Jag Niwas, fin d'après-midi.
Île Jag Niwas, petit matin.
City Palace et les ghats du quartier Bhatiyani Chohatta.
Tracteur dans Cheerwa.
Ruelles, façades, portes et peintures dans Rao Ji Ka Hata.
Bhairava, avatar de Shiva dans le parc Gulabh. On lui apporte de l'alcool en guise de présent. Il paraît qu'il la boit pour de vrai.
Le petit train du parc.
Fillettes dans le parc Manik Lal Verma.
Elles sont quatre fillettes autour de de 10 ans. L'une, plus dégourdie que les autres, s'est emparée de mon appareil photo et s'en donne à cœur joie. La plus grande ne veut pas être photographiée. Déjà, elle cache son visage gracieux sous un voile. J'aime quand elle boit à l'indienne en tenant son gobelet d'eau au dessus de sa bouche de telle sorte que ses lèvres ne touchent pas le gobelet.
Traditionnelle promenade du dimanche dans le parc.
Île Jag Mandir vue du parc Pandit Deendayal Upadhyay.
Shiv Niwas Palace et City Palace vu du parc Pandit Deendayal Upadhyay.
En direction de Dudh Talai (parc Manik Lal Verma).
Dudh Talai (Parc Manik Lal Verma). L'Inde de tous les défis. Après l'avaleur de sabres, l'avaleur de bicyclettes ?
Murailles du City Palace, côté lac (Ouest).
Où l'on retrouve la fascinante île d'Octopussy.
L'île, le City Palace... L'une ne va pas sans l'autre.
Femme sur sa terrasse, à proximité du Bagore Ki Haveli.
Salle des marionnettes, Bagore Ki Haveli.
L'île vue d'une terrasse du Bagore Ki Haveli.
Grand vitrail et sa jharokhâ (petite fenêtre permettant aux femmes de voir ce qui se passe dans la rue sans être vues elles-mêmes à l'instar du Palais des Vents à Jaipur).
Dans le Bagore Ki Haveli.
Femmes au travail à l'entrée du pont sur le Rang Sagar.
Elles travaillent dur et sourient quand elles me voient les observer longuement. Cette scène m'en rappelle une autre, bien sûr, 25 ans plus tôt à Goa. "Le goudron est chauffé dans un fût disposé sur trois pierres entre lesquelles un feu est entretenu. Un homme puise le liquide noir et fumant et en remplit l’arrosoir. Le gravier est stocké en un tas situé à l’écart. Faisant le va-et-vient entre celui-ci et le chantier, des femmes en acheminent de pleines vasques. Les hommes remplissent les récipients et aident les femmes à les placer sur leur tête. Plus en avant, d’autres femmes balaient la terre rouge destinée à être recouverte. Les gestes des femmes sont précis et répétés avec constance. Synchronisme des mouvements de l’homme remplissant les vasques, se saisissant de l’une d’entre elles, la haussant jusqu’à la tête de la femme qui accompagne et prolonge son mouvement comme un athlète prenant le relais en pleine course. Depuis celui de l’homme se penchant sur la vasque jusqu’à celui du gravillonneur, il semble n’y avoir qu’un seul mouvement. Mais il y a autre chose : ces hommes et ces femmes sont magnifiques jusque dans la moindre de leurs postures d’où toute trivialité est bannie. Aucun geste n’est déplacé, comme si l’harmonie allait de soi. La terre rouge, le nuage épais du goudron noir, les gravillons blancs, les saris colorés qui font chavirer des femmes en mouvement sont les ingrédients d’un ballet qui n’est possible qu’en Inde." Vingt-cinq ans après, les gestes sont toujours les mêmes. "Pourquoi est-ce toujours les femmes qui portent ces chargent sur le tête ?" ai-je demandé à Isha. "La tradition", ma-t-elle simplement répondu.
Un banian dans Brahmpol Road.
Chand Pole Puliya vu de Cheerwa.
Gangaur Ghat vu de Cheerwa dans la lumière du soir.
Le restaurant Harigarh est dans Cheerwa, cette avancée dans le lac après avoir traversé le pont de Chand Pole. Ses terrasses sont pourvues de banquettes ombragées au bord de l'eau. Dans l'après-midi, les clients sont rares et c'est bon de rester là avec un livre et de marquer le longues pauses dans la lecture pour admirer tout en se laissant aller à une somnolence propice à la rêverie un paysage qui va du petit pont piétonnier à la silhouette du City Palace dominant les quartiers autour de Bhatiyani Chohatta. On entend juste le bavardage du personnel et le caquètement d'un oiseau mêlés au léger froufroutement des vaguelettes contre les ghats. Dommage qu'Isha ne soit pas là. Qu'il serait charmant de boire lentement ici un lassi frais et parfumé en écoutant la jeune femme évoquer les petits riens de sa vie indienne avec son humour décapant.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire