 |
Airbus d'Air India en partance pour Delhi à Roissy.
|
Ainsi nous y voilà. Un aller simple en poche, je retourne en Inde 25 ans après les Intervalles de dilatation (Syracuse). Simple aller car je ne veux pas être contraint par une date imposée de retour. Pourquoi de nouveau l'Inde au lieu de l'Iran et les jardins de Shiraz et d'Ispahan que je me suis promis de visiter avant d'en finir avec les voyages ? En 1991, j'étais passé à côté du Rajasthan dont j'avais entendu vanter la splendeur des palais construits par les Rajputs et les Grands Moghols. Il fallait que je répare cet oubli et la présence à Delhi de mes amis Nafisa et Antoine sera l'élément déclencheur. C'est ainsi que mon voyage commencera par quelques jours avec eux, dans le quartier de Defence Colony où ils résident. Nafisa m'accompagnera pour mes premières visites à l'India Gate, à Nizamuddin et au Red Fort. Mais pas question pour elle de plonger dans l'enfer d'Old Delhi. À part ceux qui y vivent, personne ne s'y risque dans la journée, me dit-elle. Les touristes téméraires y vont tôt le matin, quand il n'y a personne.
 |
| India Gate. Pour les détails relatifs au monuments présents dans ce blog, voir Wikipédia. |
 |
| Nizamuddin, Bu Halima's Tomb. Bu Alima était une femme de la noblesse qui joua un rôle important dans le dynastie Babour. On n'en sait pas plus. |
 |
| Nizamuddin, Isa Khan's Tomb. Isa Khan (1529-1599) était un chef musulman rajpout qui a résisté à l'invasion des Moghols. |
 |
| Nizamuddin, Humayun's Tomb. Humayun (1508-1556) est fils de Babour et second empereur moghol. |
 |
| Mausolée d'Humayun. |
 |
| Excellent pour la méditation quand il fait plus de 40° au soleil. Point n'est besoin d'insolation pour être illuminé. |
 |
| Dôme de Damdama Sahib, un lieu saint du sikhisme. |
 |
| Magasin d'antiquités India Arts Palace, Sunder Nagar Market. |
 |
| Red Fort. L'incoutournable Fort rouge, aussi appelé le Palais-fort de Shahjahanabad ou Lal Qil'ah, est la forteresse moghole d'Old Delhi. Symbole de l'indépendance de l'Inde, il doit son nom au grès rouge utilisé pour sa construction. |
 |
| Le Diwan-i-Khas, ou Hall des audiences privées, était l'endroit où l'empereur moghol recevait les gens du peuple pour entendre leurs griefs. |
 |
| Nafisa, Alex et Jade (qui dort dans le landeau). |
 |
| Devant l'entrée du Fort rouge, une arbre coloré. |
 |
| À proximité du Fort rouge et au début de Chandni Chowk, les temples jaïns Bhagwan Shri Kalki Mandir et Shri Digambar Jain Lal Mandir. |
 |
Le jaïnisme repose sur cinq grands vœux : non-violence (respect impérieux de toute vie), sincérité, honnêteté, chasteté (célibat pour les moines, fidélité pour les laïcs), non-attachement aux choses du monde. Les jaïns sont donc végétariens et de grands amis de tous les animaux. L'hôpital pour les oiseaux du temple recueille les oiseaux blessés ou malades trouvés dans les rues de Delhi. Soins personnalisés, unité de chirurgie, régime alimentaire, médicaments, il peut accueillir jusqu’à 3000 volatiles de tous genres.
|
Voilà pour la Delhi paisible et charmante. Mais je me suis mis dans la tête de vérifier ce qu'il est advenu du docteur Sablok, sexologiste, qui exerçait en ce début de 1991 à Chandni Chowk. Non pas que j'aie un problème de ce côté là mais, allez savoir pourquoi, la découverte m'avait amusée. Par ailleurs, j'avais le souvenir de cette rue située au cœur d'Old Delhi comme d'un lieu captivant pour ses échoppes colorées et sa circulation disparate.
 |
| Carrefour Chandni Chowk / Netaji Subhash Marg (Devant Red Fort). Ça va encore. |
 |
| Mais ça se complique vite. |
 |
| Bhairav, le temple de la mode. |
Nous écrivions en janvier 1991 : "Chandni-Chowk, c’est un fleuve d’hommes de toutes origines et de toutes confessions, c’est des bazars, des cubes de béton écaillé, des baraques en tôle où des marchands touillent des marmites où brunit un masala fortement épicé. D’autres vendent des sandales, des ustensiles en fer blanc et des pièces détachées de transistors. Les marchands de soieries se tiennent devant leur devanture et invitent à grand renfort de mimiques avenantes le badaud qu’ils jugent digne de leurs somptueuses étoffes. On presse des fruits et des légumes pour cinq roupies le verre. Le fusil ou le bâton à la main, les militaires veillent. Des réclames de toutes dimensions pendent des balcons décrépis aux côtés des affiches de cinéma. Des hommes et des femmes dorment lovés contre un mur. Les barbiers rasent et les coiffeurs coiffent emportés par un élan qui ne s’interrompra qu’à la nuit tombée... Mais c’est surtout cette enseigne qui attire mon regard. Rédigée en gros caractères latins rouges pour attirer l'attention des patients en délicatesse avec leur libido. Le nom du spécialiste est trop beau pour être vrai. Pourtant c’est un authentique patronyme local. C’est d’ailleurs peut-être le même qui, sexologiste lui-aussi et élevé au rang sadhou, a écrit un Kamasutra dépoussiéré et revigorant."
Les seules choses à avoir changé 25 ans plus tard, c'est le prix des boissons qui est passé à dix roupies (15 centimes d'euros) et la multiplication des véhicules motorisés et dotés de klaxons dont les conducteurs font un usage intensif, ce qui induit bruit et pollution. Je cherche dans la structure des bâtiment la façade du bon docteur.
 |
Dr Sablok, Chandni Chowk, janvier 1991.
|
Et je finis par trouver ceci :
En partie cachée par un arbre, la façade est devenue plus difficile à photographier mais elle est bien là. La structure des bâtiments n'a pas changé. Il y a toujours un "sexologist" dont le nom est écrit en hindi. Le patronyme Sablok appartient désormais à la pharmacie installée à cet endroit. Me voilà rassuré. Je reviendrai dans 25 ans voir ce qu'il en sera.
 |
| Dans la série avant/après, la Grande Mosquée (Jama Masjid). Ici en janvier 1991. |
 |
| Jama Masjid, mars 2017. |
Je me souviens qu'il y avait à l'entrée une affiche avec la photographie de Saddam Hussein. Je me souviens que les visiteurs étaient surtout des fidèles... Et que les selfies n'existaient pas plus que le mot lui-même.