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| Un taxi m'a conduit à la gare routière de Siliguri d'où partent les bus et les taxis collectifs. |
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| Première image de Darjeeling : l'unité de production de goudron avec fumée et odeur jusque tard le soir installée en plein centre ville . |
Disons-le tout net, je suis déçu. Darjeeling, Darjeeling, un nom qui sonne si joyeusement à l’oreille. Ça sent bon la fraicheur délicate et parfumée, la vallée luxuriante et ses petits ruisseaux scintillants. Ça fleure la clochette et la marguerite. J’allais être super bien après les villes fournaises du Rajasthan. Darjeeling serait ma récompense. L’arrivée est une catastrophe. De l’aéroport à Siliguri, une heure d’attente dans le bruit et la poussière, le taxi collectif qui se décide enfin à partir, 3 heures d'une route tout en lacets et le temps qui se couvre, l’arrivée à la tombée de la nuit dans une ville froide, bruyante et encombrée qui semble sortie d’un mauvais rêve. Je pense au roman Épépé du Hongrois Ferenc Karinthy. Je vais à l’hôtel réservé sur l’internet. La chambre humide sent le moisi. Je sors pour une première reconnaissance. Une petite pluie froide tombe et la brume estompe le décor. La visibilité est réduite. En plein centre ville, des ouvriers sont encore occupés à nourrir un feu pour une chaudière à goudron fumante et odorante, prélude de l’enfer. Les passants sont nombreux. Chinois, semble-t-il. Il y a des boutiques pour touristes partout, avec toujours les mêmes objets, souvenirs de pacotille. Je reviens à l’hôtel où je me couche tôt. Je me réveille à 4 h du matin à l’issu d’un mauvais rêve.
Je me lève à 6 heures. Par bonheur, le ciel est dégagé. J’en profite pour faire mieux connaissance avec la ville et ses environs. C’est beau. D’un côté, les vallées, les villages et les champs de thé. De l’autre, les massifs de l’Himalaya que je retrouve après 25 ans. Je reste longtemps à contempler la ligne brisée des sommets enneigés. Mais déjà les nuages menacent de revenir.
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| Darjeeling (2000 m.) Vallée Lebong à l'Est à partir de Mall Road. Plus loin se trouve le Bhoutan. |
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| Immeubles dans Dr SM Das Road (en face du supermarché du Rink Mall). |
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| Plus bas dans la rue, ancienne résidence de Butto Kristo, grand industriel indien du 19e siècle. |
Je quitte sans regret après deux nuits l’hôtel Fairmont pour le Dekeling dans Gandhi Road, plus confortable. Il est en étage alors que le rez-de-chaussée est occupé par un restaurant tibétain que j’aime bien. Inconvénient : l’odeur de l’affreuse machine à goudron installée devant l’Hôtel de Ville se fait sentir jusque là. Je suis allé visiter l’hôtel indiqué par une amie de Nafisa. Bien situé à l’éperon sud de la ville, le Cedar Inn est dans la catégorie supérieure avec des chambres à 13 000 roupies (200 euros). Le gérant consentait à me concéder une chambre familiale pour la moitié du prix mais, considérant qu’une chambre est faite pour y dormir et pas pour y passer la journée et que la qualité des rêves n’est pas corrélée au prix, je décidai de m’installer au Dekeling où la chambre ne coûte que 2000 roupies et tant pis pour les fragrances goudronnées. Je m'étonnerai plus tard du va-et-vient incessant dans la chambre voisine de la mienne et du hall d'entrée envahi par des femmes enceintes. J'apprendrai qu'un médecin obstétricien itinérant donne ses consultations dans cette chambre.
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| Kangchenjunga. |
Le meilleur moment de la journée, c’est le matin entre 6 et 7 h. Installé sur un banc de la promenade qui contourne le centre ville au Nord, un gobelet de masala chai bien chaud à la main, je contemple les sommets immuables, domaine des dieux. Aujourd'hui, c'est brume après les pluies de la veille. Les sommets himalayens ont du mal à s’imprimer sur l’horizon. À la première heure, c’est à peine si l’on distingue les crêtes himalayennes entre ciel et vallée. Si j'étais peintre, j'aimerais peindre ce paysage monochrome tout en subtilité. Je bois mon thé, j'entends les conversations de quelques matinaux, les oiseaux, quelques sons lointains. Zen.
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| Upper Bhutia Busty. Quartier accroché au nord-est du centre. |
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| Pas facile de circuler dans les passages du patelin. |
Je marche dans les passages des quartiers qui dégringolent la colline. C’est un enchevêtrement de constructions, parfois de simples pièces étriquées, parfois des maisons plus ou moins abouties. Je croise des enfants en uniforme sur le chemin de l’école.
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| Au bout de la place, la statue du poète népalais Bhanubhakta Acharya (1814-1868). Il a écrit la version népalaise de Ramayana en la traduisant en sanskrit. |
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| À Richmond Hill, une guitare qui va être dure à déloger. |
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| Woodstock Cafe. |
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| Le fils du patron. |
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| Une configuration intrigante. |
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| Ancienne chapelle reconvertie en maison d’horticulteur. |
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| "Venez à moi et je vous donnerai le repos" dit la stèle. On n'est pas fatigué. |
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| Quartiers ouest de Darjeeling. |
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| Au milieu de la plantation, les drapeaux de prière dialoguent avec le ciel. |
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| Au loin, la crête du Singalila. |
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| Maison dans la plantation. |
Expédition dans la Happy Valey, la Vallée joyeuse. Je ne vois pas ce qui lui vaut ce qualificatif. C’est une vallée assez quelconque, tea or not. C’est marrant, je ne voyais pas le thé comme ça, sous la forme de petites touffes disséminées. Je voyais des lignes régulières, un peu comme des carottes dont on récolterait la fane. Je vais à l’entrée de la factory mais on me dit qu’il n’y a rien à voir car la récolte n’est pas encore commencée. Alors je vais me balader dans les chemins qui traversent la plantation. C’est assez désert. Quelques hameaux sont plantés là, sur le terrain fortement pentu à l’écart de l’agglomération et des routes. Des maisonnettes toutes simples avec familles. Alors que je m’arrête pour reprendre mon souffle, je pense aux gosses qui doivent se farcir des chemins longs et escarpés tous les jours pour se rendre l’école. De nouveau sur la route, la Darjeeling - Jorethang Road, je prends un taxi pour le centre mais nous restons bloqués dans les embouteillages et je finis la route à pied. Ce soir, il pleut de nouveau à verse.
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| Matin. Ma première visite devenue rituelle à mon point d'admiration himalayen de la Mall Road. |
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| Un petit temple à madame Kali la vilaine. |
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| Monastère bouddhiste à la sortie de Darjeeling sur la route de Siliguri. |
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| Et ses indispensables moulins à prières. |
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| Et son indispensable foyer de fumigation. |
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| Seize heure, la place Chowrasta s'embrume tôt. |
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| Moines bouddhistes au Glenary's, le lieu branché de Nehru Road. L’Éveil passe aussi par le smartphone. |
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| Cuisine tibétaine place Chowrasta. |
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| Place Chowrasta, 6 h 44. C'est pas encore aujourd'hui qu'on verra le Kangchenjunga. |
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| Nous sommes 10 dans le taxi pour Siliguri. |
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| Cueilleuses dans le Tea Garden de Jitu (Siliguri). |
| Bonus vidéo. |





























































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