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| Je suis toujours fasciné par ces banians magnifiques. Celui-là se trouve dans la cour du centre maçonnique, Jan Path. |
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| Radial Road Number 7 (Connaught Place), peinture murale signée Delhi Street Art. Cette fresque fait partie d'un triptyque en faveur de l'autonomisation des femmes sur terre, dans les airs et sur l'eau. |
Le métro fonctionne bien et la connexion directe avec l'aéroport est appréciable quand l'épouvantable capharnaüm de la circulation avec ses bouchons récurrents rendent incertains les temps de déplacements routiers. Le quartier de Defence Colony où habitent mes amis est calme et réservé à l'élite. Pour le reste, Delhi est dense, bruyant et pollué. Le plus difficile, c'est l'été avec les fortes chaleurs, l'humidité et la pollution aux particules fines. Delhi est certainement doté d'un métabolisme particulier qui lui permet de survivre malgré son niveau élevé d'entropie. On aurait envie de demander jusque quand ?

Je pars, je vais partir, je suis parti. J’aurais pu rester plus longtemps. Je n’avais rien d’autre à faire, j’avais un visa jusque début mai et j’avais acheté un aller simple pour me donner toute latitude quant à ma date de retour. De retour à Paris, je suis insatisfait de ce séjour. Déçu, oui. « Vous êtes nostalgique de votre ancien voyage » m’avait dit la perspicace Isha. Il y avait un peu de ça. Je n'aime pas la nostalgie car elle nous empêche de vivre le présent. Mais elle nous saisit parfois et il faut faire avec. Mais pas seulement la nostalgie, Isha. Tout ce bruit, toute cette circulation effrayante, ces embouteillages, cette chaleur au Rajasthan, ce froid humide à Darjeeling ont fini par me décourager. Et ces temples qui se ressemblent tous. J’ai été heureux de rendre visite à mes amis et de passer quelques jours avec eux et Udaipur fut un ravissement. Le reste, moyen. Je ne regrette rien, mais moyen. Il est vrai aussi que je suis parti dans une disposition d’esprit inadéquate. Quelques jours après mon retour à Paris, pourtant, l’Inde où les textes philosophiques sont les plus abondants du monde (quoiqu'en dise par ailleurs mon cher Philippe) me manque déjà. C'est sans doute que, comme l'affirme Antonio Tabucchi dans son beau Nocturne indien, "dans le souvenir, comme cela arrive toujours avec les souvenirs, décantée des sensations immédiates, des odeurs, de la couleur, de la vision d'une certaine bestiole dans le lavabo, la circonstance prend une dimension un peu vague qui améliore l'image. La réalité passée est toujours moins pire que ce qu'elle fut effectivement : la mémoire est un formidable faussaire. "
J'aurais dû partir plus tôt de manière à éviter la redoutable canicule. Ou bien attendre octobre. Je ne sais pas. C’est toujours comme ça, j’improvise et j’enrage.



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